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Hommage au "der des der"

lundi 17 mars 2008, par marc

Hommage à Lazare Ponticelli, 1897- 2008, dernier survivant des batailles de 14 18... Dernier poilu...

Désir

- Mon désir est la région qui est devant moi
- Derrière les lignes boches
- Mon désir est aussi derrière moi
- Après la zone des armées

- Mon désir c’est la butte du Mesnil
- Mon désir est là sur quoi je tire
- De mon désir qui est au-delà de la zone des armées
- Je n’en parle pas aujourd’hui mais j’y pense

- Butte du Mesnil je t’imagine en vain
- Des fils de fer des mitrailleuses des ennemis trop sûrs d’eux
- Trop enfoncés sous terre déjà enterrés

- Ca ta clac des coups qui meurent en s’éloignant

- En y veillant tard dans la nuit
- Le Decauville qui toussote
- La tôle ondulée sous la pluie
- Et sous la pluie ma bourguignotte

- Entends la terre véhémente
- Vois les lueurs avant d’entendre les coups

- Et tel obus siffler de la démence
- Ou le tac tac tac monotone et bref plein de dégoût

- Je désire
- Te serrer dans ma main Main de Massiges
- Si décharnée sur la carte
- Le boyau Gœthe où j’ai tiré
- J’ai tiré même sur le boyau Nietzsche
- Décidément je ne respecte aucune gloire
- Nuit violente et violette et sombre et pleine d’or par moments
- Nuits des hommes seulement

- Nuit du 24 septembre
- Demain l’assaut
- Nuit violente ô it dont l’épouvantable cri profond devenait plus intense de minute en minute
- Nuit qui criait comme une femme qui accouche
- Nuit des hommes seulement

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

et aussi et surtout ...

Article "Paix", L’Encyclopédie, (1750 - 1772)

PAIX La guerre est un fruit de la dépravation des hommes : c’est une maladie convulsive et violente du corps politique, il n’est en santé, c’est-à-dire dans son état naturel que lorsqu’il jouit de la paix ; c’est elle qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l’ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise la population, l’agriculture et le commerce : en un mot elle procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute société. La guerre au contraire dépeuple les états ; elle y fait le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu’elle introduit ; elle rend incertaines la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce ; les terres deviennent incultes et abandonnées. Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte d’une multitude de ses membres que la guerre sacrifie ; ses victoires même lui font des plaies profondes que la paix seule peut guérir.

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