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Turquie européenne ... suite

samedi 10 mars 2007, par marc

Le prisme déformant de la communauté turque en France

Huit mars à l’occasion de la "Journée internationnale des femmes", la mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité organisait à Egletons en Corrèze une rencontre sur le thème :

"de la Turquie au Limousin : vies de femmes"

Une série de conférences animées par Gülsen YILDIRIM, vice-présidente de l’Union Culturelle Franco-Turque de Limoges, mâitre de conférence à la faculté de droit de Limoges : " l’immigration turque en France et en Limousin : aspects socio-historiques"

et Pinar HÜKÜR , psychologue, de l’association ELELE - Migrations &Cultures de Turquie "Filles, femmes, mères : quelle place dans la famille et dans la société ? " .

L’intervention de Gülsen Yidirim était tout particulièrement intéressante à mes yeux, elle a confirmé un certain nombre de points qui me paraissent essentiels pour bien analyser le prisme déformant que constitue la communauté turque en France dans l’image qu’elle renvoie de son pays à nos compatriotes et aux européens en général.

Les immigré turcs des années 70 arrivaient du fin fond de l’Anatolie issus d’une société rurale traditionnelle. Déjà à l’époque un fossé culturel existait en Turquie elle même entre cette société rurale et la population des grandes villes turques en particulier dans le triangle Istanbul/Ankara/Izmir.

Pinar HüKüm le souligne dans son intervention " je suis issue d’une famille qui m’a donné une éducation éclairée dans une école laïque en Turquie" elle se démarque ainsi de certains de ses compatriotes qui se réclament de "leur culture" pour justifier certaines pratiques ... "Non ! ce que vous défendez, ce n’est pas ma culture" dit-elle haut et fort !

Cette communauté turque des années 70, contrairement aux communautés maghrébines n’avait aucune attache historique proche avec la France, elle s’est donc renfermée sur elle même, perpétuant des traditions et des pratiques culturelles reflets d’une société traditionnelle rurale anatolienne.

Et c’est ainsi que mariages forcés, carence de l’éducation des filles, port du voile, prédominance de l’homme sur la femme etc. renvoient l’image d’une Turquie arrièrée et archaïque.

Or c’est une situation toute différente qui prévaut majoritairement en Turquie : le pays s’est engagé dans une évolution économique et culturelle sans précédent.

Je peux en témoigner : quand je suis arrivé en Turquie en 2000 je n’ai pas reconnu le pays que j’avais fréquenté quelques 10 années auparavant tant le pays s’était modernisé ... Mais plus encore, en quatre ans de séjour je peux affirmer avoir vu littéralement vu un pays évoluer "à vue d’oeil" !

L’image que renvoie donc les Turcs en France est catastrophique pour l’image de la Turquie et explique en grande partie le rejet des français pour l’intégration de la Turquie dans l’Union Européenne...

Non vraiment, l’intégration de la Turquie dans l’UE n’est vraiment pas facilitée par les Turcs eux mêmes...

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