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Ecrivains, politiques et "peopleries" ...

mardi 20 juin 2006, par marc

Etre Français de l’étranger c’est faire partie d’une communauté, suivant le pays celle ci est parfois restreinte, "tout le monde se connaît".

Aussi quand un hôte de marque visite le pays qu’il s’agisse d’un politique dans le cadre d’une visite officielle et protocolaire ou d’artistes ou d’intellectuels dans le cadre d’une manifestation culturelle il est d’usage de rassembler toute la communauté pour un "pince fesses" qui se déroule généralement dans la résidence de l’Ambassadeur.

C’est ainsi qu’il nous a été donné d’approcher certaines personnalités, parfois de très près, le temps d’un dîner ou d’une soirée, parfois très brièvement, alignés en rangs d’oignons pour une séance de serrage de pinces...

Quelques souvenirs en vrac ...

Roumanie ...

Mon "premier" ministre ...

Le petit instit frais émoulu de l’Ecole Normale après une année passée dans la banlieue de Lyon se retrouve à Bucarest, trois jours après son arrivée, on lui dit qu’il est invité à un cocktail à l’Ambassade d’Egypte. C’est une réception à dominante militaire, dans le vestiaire sont alignés une quantité étonnante de képis, casquettes de toutes formes de toutes couleurs, chamarrés galonnés ... à se demander comment ils s’y retrouvent à la sortie. Première bourde, oublié de saluer l’hôte qui vous souhaite la bienvenue à l’entrée des salons de réception, pas trop grave ... il y a du monde et puis "c’est le métier qui rentre", on ne le refera plus la prochaine fois ...

Dans les salons on s’empiffre de petits fours et de canapés, les garçons circulent avec des plateaux emplis de verres. Les groupent se forment et tout le travail consiste à aller de groupe en groupe pour échanger banalités ou secrets d’état...

Le petit instit est un peu paumé, il ne connaît pas grand monde, en plus ça baragouine dans toutes les langues... Il se raccroche aux quelques têtes connues, elles ne sont pas nombreuses et tout à coup, poum ! un attaché d’Ambassade le présente à une ministre français c’est Jean François Deniaud, ministre du commerce extérieur. Et voila le petit instit qui en l’espace de quelques semaines passe du caillassage des banlieues lyonnaises aux conversation mondaines avec un ministre de la république ... étonnant...

Bulgarie ...

Dîner avec Alphonse Boudard, exploration de champs sémantiques... Mon patron direct était le Conseiller Culturel de l’Ambassade, un sacré numéro le père V. ! Il s’intitulait lui même "conseiller trou du culturel" ... un poète ! Outre le langage cru : ses rugissements faisaient trembler les murs du service culturel, c’était ce que l’on appelle un "homme à femmes" il me comptait volontiers ses exploits dans l’intimité de son bureau.

A l’occasion d’une manifestation culturelle organisée à Sofia, des écrivains français avaient été invités, parmi eux se trouvait Alphonse Boudard.

A l’époque je découvrais avec bonheur l’oeuvre de cet écrivain et dévorais tous ses bouquins. Le père V. était copain avec Alphonse , il savait que j’aimais bien ses livres, aussi il me fit le grand plaisir de m’inviter à dîner un soir avec Boudard.

Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés tous les trois dans un des restaurants de l’hôtel Vitocha.

Je garde un bon souvenir de cette soirée, anecdotes, détails croustillants se succédaient, le dernier bouquin du "maître" la fermeture, traitant de la fermeture des maisons closes venait juste d’être publié...

Je me souviens d’un débat sémantique, le sujet tournait autour de "la jaquette flottante" et plus particulièrement de l’expression "pédé comme un phoque". Boudart prétendait qu’il fallait en fait entendre l’expression : "pédé comme un foc", du nom des voiles d’avant d’un bateau, sensées selon lui prendre le vent par derrière... J’avoue n’avoir pas été convaincu, en tant que marin d’eau douce et s’agissant de prendre le vent par derrière, j’aurais plus volontiers dit "pédé comme un spi"...

Dans les coulisses des relations bilatérales, de l’utilité d’avoir un ami ministre...

L’école française était en fait considérée comme un service annexe de l’Ambassade de France, à ce titre elle jouissait d’une certaine protection mais en même temps pouvait servir de moyen de pression pour les innombrables guéguerres que se livraient nos pays. Ainsi vont les coulisses des relations bilatérales, totalement ignorées du grand public et à vrai dire sans grandes conséquences si ce n’est sur le quotidien d’un centaine d’élèves pour le reste privilégiés ...

A cette époque nous avions des soucis avec nos bâtiments scolaires. Notre petite école de Kniajevo, charmante petite villa de la périphérie était devenue inhabitable suite à l’invasion de bulldozers qui avaient ravagé tout notre terrain pour bâtir une maison dans l’enceinte même de l’école. Les autorités bulgares avaient promis de nous reloger mais les choses traînaient en longueur.

Voila qu’une conférence générale de l’UNESCO est organisée à Sofia, grand tralala, ballet de délégations, visites ministérielles se succèdent.

Et l’on annonce la visite du ministre français de l’éducation nationale, à l’époque il s’agit de Jean Pierre Chevènement.

L’école est administrée par un comité de gestion, or il se trouve que le mari de la présidente qui est également le conseiller commercial de l’Ambassade connaît bien le ministre, ils ont été ensemble jeunes coopérants dans un pays exotique...

Ni une ni deux, ce dernier contacte son ami et lui demande simplement d’inscrire la visite de l’école française à son programme. Et voila comment l’affaire se débloque en quelques jours, de nouveaux locaux nous sont proposés sans traîner...

Les visites d’un ministre sont minutées, Chevènement ne visita jamais l’école française... l’inscription sur l’agenda avait suffi ! Cependant nous eümes l’occasion de participer à un déjeuner à l’Ambassade, déjeuner buffet où l’on mange débout son assiette à la main et je pus discuter un petit moment avec le ministre...

Génèse d’unSAS...

La recette de l’écriture d’un SAS semblait relativement simple : d’abord un cocktail à trois composantes : sexe, violence et anti communisme primaire, ajoutez un évènement qui défraie l’actualité et et pour finir une localisation si possible exotique.

L’attentat contre le pape venait d’avoir lieu, son agresseur le Turc ALi Agca semblait avoir bénéficié de contacts venus de l’est le tout se tramant en Bulgarie. Tout était réuni pour écrire un nouveau SAS.

Et c’est ainsi qu’un beau jour nous avons vu débarquer Gérard De Villiers qui s’était installé à l’hôtel Vitocha, le lieu supposé où s’était fomenté l’attentat contre la pape.

Pendant plus d’un mois, nous croisions De Villiers partout : dans les réceptions, dans les coktails, dans les lieux touristiques ... Il était très curieux, discutait avec les gens posait plein de question.

Aussi quand le bouquin est sorti "la filière bulgare" nous avons retrouvé non seulement des lieux, des endroits connus mais aussi des personnages, certains à peines transformés. Dans le bouquin en particulier un personnage qui campe le représentant de la compagnie aérienne Ausrian Airlines est en fait le portrait à peine modifié ou forcé du véritable représentant de la compagnie Air France à Sofia et que nous avons bien connu. Adepte de la dive bouteille ce dernier avait toujours sous les sièges de sa voiture deux bouteilles de cognac qui lui servait à acheter la mansuétude de la Milice qui ne manquait pas de l’arrêter quand il sortait d’une soirée...

A au fait désolé nous ne sommes pas dans le bouquin !

Afrique, Tanzanie

Dîner avec un fils de pub...

jaques Séguéla était le beau père de l’ambassadeur, un soir nous avons dîné chez la conseillère culturelles avec le fils de pub...

Turquie - Fête de la musique

Dans les jardins de l’Ambassade, soirée musicale avec Nicolas Peyrac. Après le concert réception on discute avec l’artiste dans le parc, sous les étoiles...

Et puis plein d’autres encore artistes, hommes politiques, journalistes, acteurs ... Deux "loupés" cependant... nous avons raté le pape et le président de la république à deux reprises ! Ils sont venus juste l’année après que nous soyons partis !!!

2 Messages de forum

  • Ecrivains, politiques et peopleries ... 27 juillet 2006 17:30, par Jacquinet

    Des anciens de Roumanie viennent de consulter ton blog très intéressant qui nous a rajeuni : il s’agit de Monique Collet venue rendre visite aux Jacquinet (Marie-Do et René) qui habitent maintenant en Belgique. Toutes nos amitiés à la famille.

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    • Ecrivains, politiques et peopleries ... 23 novembre 2006 16:15

      Et bien bonjour les amis ! Comme quoi il sert au moins à quelque chose ce machin ! cela me fait plaisir d’avoir de vos nouvelles. Et puis cela me permet de me remémorer une petite anecdote professionnelle ! En Roumanie nous étions encore tout frais émoulus de l’Ecole Normale... instits débutants quoi ! Alors quand le directeur de l’école à la fin d’un trimestre me dis : "il faut que je te parle, j’ai une plainte de parents d’élèves"... mon sang ne fait qu’un tour et je me dis qu’est ce que j’ai encore fait ???

      Donc bureau du directeur ... dans le carnet de correspondance du jeune Ludovic Jacquinet tu as fait une faute d’orthographe : tu as écris "exellent" élève au lieu de "excellent élève" ... Ah mince la honte ! Emoi du débutant... je m’en souviens encore !

      Le temps a passé, très vite les parents d’évèves scrongneugneux sont devenus des amis des soirées bucarestoises ... de la cave ...

      Et le petit Ludo de CE1 est surement devenu un grand garçon, peut être père de famile ???

      C’est vrai qu’il était bon à l’école l’animal, avec un "andouille" j’aurais peut être eu moins d’émotion !!??

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